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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 09:31

D’abord pourquoi ce changement ?

La Mairie de Toulouse ferme l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines pour rénovation durant tout l’été 2018. Il nous a donc fallu chercher un nouveau lieu pour nos concerts, capable d’accueillir un grand chœur, des musiciens et un nombre comparable de spectateurs. C’est le cas de l’église Saint-Aubin. Des groupes de Gospel s’y produisent régulièrement, tout comme le Chœur de Crimée lorsqu’il tourne dans notre région ainsi que bien d’autres ensembles musicaux.

L’église Saint-Aubin est une église singulière dans le paysage architectural toulousain : massive – 100 mètres de long sur 32 mètres de large – perchée en haut d’un imposant escalier, dépourvue de fronton et de clocher, curieux mélange d’influences gothiques, romanes et byzantines. Elle tient son nom d'un oratoire construit au XIIIe et disparu pendant la Révolution.

Plan 1843 (source : Archives municipales)

Au XIXe siècle, la ville est en pleine croissance. Sous l’impulsion d’Urbain Vitry, de grands équipements sont réalisés : Abattoirs (1831) Ecoles vétérinaire (1835) et de médecine (1837) Halle aux grains (1861) Palais de Justice, Prison saint Michel (1856), Hôpital Marchant, Casernes, Palais Niel… Pour le domaine religieux les réalisations sont moins spectaculaires. Dans le quartier Saint-Aubin, situé près du centre-ville entre le boulevard Lazare-Carnot, le canal du Midi, la rue de la Colombette et la Halle aux grains, faubourg en plein développement, des terrains sont disponibles à l’emplacement d’un vaste cimetière commun aux paroisses de Saint-Etienne, de Saint-Sernin, de Notre-Dame-du-Taur et de Saint-Michel, cimetière désaffecté au profit de celui de Terre-Cabade créé en 1840.

En 1844, un concours anonyme permet de rassembler une trentaine de projets. Mais la plupart d’entre eux sont écartés car trop chers, trop compliqués ou même erronés. C'est celui d’Auguste Delort qui est accepté. L'église étant construite sur un ancien cimetière, l'architecte doit préserver une église souterraine. Sa construction repose donc sur un soubassement formé par les cryptes, avec une nef centrale et deux collatéraux où sont aménagées plusieurs chapelles. Sur la façade d’entrée, une statue représentant Saint-Aubin, évêque d’Angers du VIe siècle, accueille les fidèles.

La première pierre est posée le 4 mars 1847, par l'archevêque de Toulouse, le futur cardinal d'Astros. Deux ans plus tard, malgré ses murs aveugles et son toit provisoire, le culte commence à y être célébré. Mais la construction traîne en longueur à cause des difficultés financières. L’église est inaugurée en 1853, loin d’être achevée. En 1929, la somme des travaux pour finir s’élevait à 900 000 francs, et il manquait toujours à cette époque les voûtes, la façade, le clocher et tout le décor.

Plan 1863 (source : Archives municipales)

Après-guerre, l’état de délabrement de la façade, de la coupole et des cryptes (utilisées par les Allemands sous l’Occupation comme hôpital et dépôt d’armes puis endommagées à leur départ) incite le Père Gaudilière, curé de Saint-Aubin à cette époque, à alerter les autorités.

Une «Association des Amis de Saint-Aubin» est créée sous le patronage de Monseigneur Garonne, l’archevêque de Toulouse et de Louis Bazerque, le maire de la ville, afin de contribuer aux travaux de consolidation.

En 1963, on consacre un nouvel autel majeur et on restaure dans le transept nord l’orgue, avant d’aménager la chapelle du Saint-Sacrement et de mettre en place dans le chœur un nouveau Christ en majesté en terre cuite polychrome, dans les années 1980.

Malgré un projet ambitieux, l’église Saint-Aubin est restée inachevée. Ceci étant, tout autour de la place, s’est organisé un quartier pittoresque, qui s’anime le dimanche matin autour du marché, et auquel les résidents sont très attachés pour son identité populaire et son ambiance cosmopolite et chaleureuse.

Gisèle pour Eurochorus

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